Les enfants, tu verras, c’est que du bonheur !

La vie de parents est une aventure merveilleuse, à dos de licorne et pluie de paillettes, résonnant une harpe mélodieuse sur un arc-en-ciel, au loin … Bien sûr, ce n’est QUE du bonheur, bien sûr. Évidement. Certes … euh, enfin bon …
Chéri, avec son bagage de super-Papa (un jour, je vous raconterai à quel point je le trouve super!) et son expérience bien particulière (un jour, je vous raconterai le Congé parental total de Chéri et son expérience de Papa au foyer), bataille fermement contre cette phrase bateau et machinale. Son poil se hérisse sitôt qu’il entend parler de « Que du bonheur » ! Alors non non NON, pas du tout, ce n’est pas QUE ça. C’est une telle déferlante d’émotion ! Que c’est réducteur de ne parler QUE de bonheur ! Et parfois, que cela peut être culpabilisant …

Un bébé, c’est de la fatigue. Beaucoup de fatigue. Fatigue de ne plus dormir les 8heures réglementaire de notre vie d’avant. De dormir en saccadé, ponctué par les réveils nocturnes (et encore, Ty’Pêche nous a fait l’excellente surprise de dormir 10heures d’affilée dès ses 7 semaines !). Fatigue d’être aux aguets en permanence, sur ce petit bout d’humain que l’on ne maîtrise pas du tout. Fatigue de compter les tétées, surveiller la déglutition, alterner les seins … ou fatigue d’établir un rythme de biberons, surveiller les quantités, faire la vaisselle. Fatigue de continuer à assumer l’entretien, la paperasse, les tâches ménagères. Fatigue de recevoir un défilé de célébrités dans son salon, au moment où une sieste serait la bienvenue. Fatigue, pour la femme, de ces 9 mois de grossesse qui ont pompé allègrement sur notre organisme, et cet accouchement plus ou moins long dont il faut se remettre. Et la fatigue, cette pouffiasse, elle a le don de s’accumuler plus que tu n’accumuleras de tickets de caisses dans ton portefeuille sur toute une vie.

dormiiiiiiir !!!

Un bébé, c’est de la peur. Peur de cette courbe de poids pour qui les professionnels de santé n’ont d’yeux. Peur de la Mort Inexpliquée du Nourrisson, de sa position dans le lit, de ce petit nez qui ne doit rien toucher, de son petit ventre qui ne se balance pas autant que d’habitude. Peur du jugement des autres, famille, amis, professionnels, collègues, voisine de bus ; peur des regards désobligeants et des remarques parfois assassines. Peur qu’il pleure en public sans que l’on puisse le calmer. Peur qu’il pleure en privé, sans discontinuer. Peur qu’il aie mal sans que l’on s’en rende compte, sans que l’on puisse le soulager. Peur de la maladie, de la douleur, du handicap … Peur qu’il ne se développe pas comme dans les livres, ou comme le bébé d’une autre. Peur pour son couple, que l’on ne soit pas sur le même rythme, sur la même longueur d’onde, que l’arrivée d’un nouveau membre dans la famille chamboule tout sur son passage. Peur qu’il grandisse trop vite et que l’on ne profite pas assez …

Un bébé, ce sont des larmes. Les siennes, unique manière de s’exprimer à ses premiers jours. De petits pleurs que l’on trouvera toujours moins stridents que ceux du bébé voisin (la nature nous dote de sacrés moyens de survie, hein!). Des pleurs parfois inconsolables, interminables, inexplicables. Des pleurs durant des minutes, des heures, des jours, des mois. Des pleurs qui vous repousseront loin, loin dans vos retranchements. Qui attaqueront de front votre patience, votre capacité de compréhension, votre empathie. Qui vous questionneront au plus profond de vous-même. Qui, n’ayons pas peur des mots, vous feront péter un câble. Des câbles, ils y en aura beaucoup à rompre ! Des exaspérations, des cris, des envies inavouables, des fuites (cela reste la meilleure solution lorsque la rupture est proche, hein.) J’adore ma fille, mais en toute pudeur et sans fierté, je vous avoue que j’ai déjà eu envie de la jeter à la fenêtre. Pourquoi ? Qu’ai-je fais de mal ? Que ne sais-je voir qui n’aille pas ? Tu me détestes en fait, c’est ça ? J’ai tout fait et tu pleures encore ? Et les pleurs changent de camps. Sur les joues de maman, depuis ses yeux cernés, coulent de grosses larmes amères. Amères d’être cette maman qui ne sait consoler son enfant. Qui ne sait calmer ses pleurs. Qui s’en occupe probablement très très mal. Les enfants des autres, ils ne pleurent pas autant, eux… vraiment ? Ou est-ce que les autres mamans, toutes honteuses et coupables qu’elles sont elles aussi, cachent ces difficiles moments comme vous êtes en train de le faire également ?

image Pexels

Un bébé, c’est de l’amour. Un sentiment puissant, vital, qui prend le dessus sur tout. Quelque chose d’animal qui germe durant 9 mois, et explose à la naissance. Indescriptible, moteur, source de vie et d’énergie. Et heureusement, sinon notre espèce n’aurai pas survécu (cf paragraphe précédent !). L’amour pour ma fille n’a aucun rapport avec l’amour pour mon mari. C’est comme si le fait que mon sang coule dans ses veines l’attache à moi (c’est compréhensible ?) ; un énorme sentiment « d’appartenance », voilà ce que j’en ressentit en premier (même si c’est très égoïste ?). « C’est à moi », et s’en suivi cette volonté de la protéger, la nourrir, la choyer, l’abriter, la consoler, l’accompagner. Même 1 an après, il me manque toujours quelque chose lorsqu’elle n’est pas avec moi. Même lorsque je râle toute la matinée sur elle, je suis un animal blessée dès lors que je tourne le dos à la crèche où je viens de la déposer à midi. Et je n’aspire qu’à la retrouver au soir. L’amour parental est la chose la plus incroyable qu’il m’aie été donnée de ressentir, de connaitre.

Un bébé, c’est énormément de bonheur. Bien évidemment ! J’étais heureuse avant d’avoir Ty’Pêche, mais c’est un bonheur tout différent, et tellement délicieux, qui règne en moi depuis sa venue au monde. La voir grandir et s’épanouir, découvrir le monde depuis sa petite taille et ses yeux curieux, la voir faire ses expériences, voir son sourire sur ce visage angélique, entendre ses éclats de rire… Que de petites perles de bonheur au quotidien, précieuses car dans les moments difficiles, je me les remémore et le sourire se redessine sur mon visage. On dit que dans la vie, tout passe. Les difficultés de la parentalité sont une réalité, mais effectivement, tout passe. Gardez espoir, prenez tous le courage que l’on vous envoie, acceptez l’imperfection, et rappelez-vous ces petites perles. Et les paillettes reviendront au dessus de vos têtes de parents fatigués, mais comblés de bonheur .

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Alors, les enfants, ce n’est que du bonheur ? Quels sentiments vous inspirent la parentalité ?

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7 commentaires sur “Les enfants, tu verras, c’est que du bonheur !

  1. c’est beau ce que tu as écrit et rare car on parle peu de ses choses là, bien sur l’amour inconditionnel et tout le bonheur d’être mère, beaucoup le disent mais peu s’attardent sur les difficultés, la fatigue incommensurable, les doutes, les remises en question.. et ça fait du bien de voir qu’on est pas seul à ressentir tout ça car comme tu le dis sur le moment on se dit mais comment font les autres ? pourquoi personne ne dit que parfois tu ne supportes plus ton bébé et que oui tu as des envies délirantes de le jeter par la fenêtre…
    Merci

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    1. Merci de ce joli commentaire!
      J’ai personnellement eu la chance de côtoyer, durant ma grossesse, des mamans sans langues de bois, et ça m’a fait réaliser ce tabou autour des difficultés de la maternité/ parentalité. Et mon mari, qui a vécu 1 an à la maison auprès de ma fille, a aussi vécu cela de plein fouet, et c’est lui le premier qui a réfuté cette injonction « QUE du bonheur « . Il parle de séisme émotionnel. C’est tellement ça!
      Du coup j’ai eu envie d’en parler aussi publiquement 😊 mais sans entrer dans la critique ou la plainte ! Juste, essayer d’être sincère.

      Je te souhaite de beaux moments dans ta maternité 😘

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      1. Oui moi aussi je suis restée au foyer pendant un an et effectivement il y a des moments très difficiles où on se sent bien seule mais on a pas tellement le « droit  » de se plaindre car on ne travaille pas donc on a la « belle vie ».. et j’ai aussi reçu pendant ma grossesse ces phrases « tu verras c’est que tu bonheur.. » et je crois que naïvement j’y ai un peu cru.. d’où la descente quelques mois plus tard.. en me disant mais y a qu’à moi que ça arrive.. ? cette détresse dont tu parles bien par exemple lors des crises de larmes qu’on arrive pas à calmer.. enfin merci pour ces mots en tout cas.

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  2. Merci pour cet article!
    Je ne suis pas encore mère mais largement en âge de l’être (enfin c’est ce qu’on me répète souvent en tous cas…) et ce que tu racontes dans ton paragraphe sur la peur correspond tout à fait à ce qui me fait réfléchir depuis quelques années.La peur et l’anxiété permanente qu’il arrive quelque chose à ton enfant, et ce tout au long de sa vie finalement, je ne suis pas sûre de vouloir vivre ça!

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    1. C’est sûr que cette peur reste latente, sans arrêt… il faut savoir vivre au-delà de la peur.
      Et on a tout a fait le droit, en toute légitimité, de ne pas désirer d’enfant, quelle que soit notre âge, notre vie, notre culture et qu’importe ce qu’en pensent les autres ! Vie ta vie selon tes désirs (et tes non-désirs) mais surtout pas selon ceux des autres ;)

      Je serai curieuse de savoir comment tu es tombée, ou as eu envie de lire mon article? 😁

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      1. Je te suis sur Twitter en tant que « voisine » (je suis nantaise également), c’est comme ça que je suis tombée sur ton blog. Et c’est un sujet qui me travaille pas mal en ce moment!
        En tous cas c’est sûr que je trouve dommage qu’encore aujourd’hui beaucoup de gens trouvent ça au mieux bizarre au pire pas normal, quand tu évoques juste le fait que tu n’es pas sûre de vouloir des enfants, surtout quand tu es en couple depuis longtemps comme c’est mon cas. Heureusement que tout le monde n’est pas comme ça mais c’est quand même la majorité!

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      2. Ah d’accord! Oulala ça fait longtemps que je n’ai rien publié sur Nantes et pourtant j’ai des articles en attente !

        Je me suis posé la question, ce fut une réflexion profonde, de vouloir un/des enfants ou pas. Je pense qu’il n’est pas idiot d’y réfléchir! Et puis si c’est non, eh bien c’est non !
        Je me suis longtemps demandé, tout bêtement « Pourquoi faire un enfant? » … et je n’ai jamais trouvé la réponse.

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