Et s’il l’on ne devait retenir qu’un seul conseil…

Des conseils, depuis que je suis mère, on m’en a donné des tas. Depuis que je suis née même. Ils m’ont été utiles, ou au contraire plombants, parfois ils ne m’ont servis à rien. Mais quand on en reçoit trop, on ne sait plus où donner de la tête, et on n’en retient rien.

Pourtant j’adore lire et écouter les expériences des parents, j’aime me renseigner à propos des courants éducatifs et des sciences psychosociales, j’apprécie que l’on me mette en garde contre des erreurs courantes ou des dangers que je n’aurai su voir. Mais parfois, à trop vouloir aider et renseigner les gens, on les noie et ils ne se sentent plus capables de rien seuls…

Dans la jungle de la parentalité, s’il n’y avait qu’un conseil à retenir, à mon humble avis…

Relâche la pression sur ces injonctions que la Société te transmet. Ton enfant doit bien se tenir, être poli, dormir à 20h00 et manger ses légumes avec appétit. Il lit Zola et parle anglais. Il ne salit pas ses vêtements durant le repas et ne râpe pas ses chaussures à la Recrée. A-t-on donc enfanté des robots?

Relâche la pression par rapport à ton entourage. Tes parents t’on élevé comme ci, ta sœur éduque ses enfants comme ça. Ça a l’air de fonctionner, tout ce petit monde se porte à merveille, donc ils partagent généreusement leurs multiples conseils éducatifs. Avec la menace, si tu n’appliques pas à leur manière, que « Tu vas en faire un roi/ un prétentieux/ un capricieux/ une chochotte/ un asocial/ un caribou (ben quoi? Pourquoi pas?) ». Qu’importe alors si leurs conseils te chagrinent, dérangent tes principes, ébranlent ton idéal éducatif, tu vas appliquer les paroles de ceux qui ont l’expérience parentale… A-t-on enfanté des clones ?

image Pexels.

Relâche la pression que tu te mets toi-même. C’est la pire. Tu vois des salons parfaitement rangés sur Insta; des conseils éducatifs de parents souriants sur les blogs; des BDs moralisatrices sur facebook; des exemples moqueurs sur Twitter… Tout ça, c’est « pour de faux » : tu le sais, les réseaux sociaux, c’est du paraître, c’est du cinéma, c’est tout bien préparé, mis en scène, réécrit pour être parfait. Mais ce n’est pas la vraie vie.

Dans la vraie vie, on renverse son café le matin. On n’a plus assez de confiture pour nos craquottes. On n’a pas le temps d’appliquer sa crème hydratante quotidiennement. On cherche sa 2e chaussure. On est en retard. On a encore zappé de refaire le plein de fruits pour emmener le midi au boulot. On valide le drive en oubliant la moitié des ingrédients de la liste. On a encore une remarque de la crèche/ l’école parce que notre enfant jette/tape/mord. On mange des gâteaux au goûter. On crie fort parce qu’il crie fort. On n’est pas dans le timing le soir. Il y a des Legos sur notre canap et des crayons de couleurs dans la salle de bain. On n’a pas assez d’argent pour acheter ces coussins assortis aux rideaux, assortis au tableau du mur du fond, assortis aux pétunias du jardin. On passe l’aspi quand on a le temps, et la serpillière quand on la retrouvera. On s’écroule dans notre lit, bien trop tard, on zone sur ces put*n de réseaux sociaux plutôt que de lire Zola, et on termine notre journée en culpabilisant de ne pas ressembler à ces beaux textes et ces belles images.

Dans la vraie vie, on est faillible, imparfait, fatigué, impulsif ; et nos enfants nous questionnent, nous remettent en cause, nous bousculent. On connait la théorie, on tâtonne avec la pratique. On fait des erreurs, et on en refera. On se plante, et on réajuste. On croit des choses, et finalement on n’en est plus si sûr… Dans la vraie vie, on est des êtres humains, tout simplement. Et on a enfanté des êtres humains.

Des êtres humains qui portent la pression du monde sur leurs épaules. Parce que devenir parents n’est pas une raison pour que le monde entier te conseille, te juge, te punisse, te dédaigne. Parce que tu es aussi légitime que n’importe qui dans ce rôle, et parce que pour ton enfant, il n’y a personne qui le sera mieux que toi. Tu es la meilleure personne pour s’occuper de ce petit d’homme, ce petit « de toi ».

Je crois en l’instinct maternel/parental, je pense qu’on l’a malmené, nié, refoulé, enterré avec notre société et nos modes de vie… mais il est là, il ne demande qu’à s’exprimer et s’épanouir. Laisse grandir en toi ton instinct maternel. Il te guidera. Fais-toi confiance. Tu sais ce que tu veux, tu sais ce en quoi tu crois, tu sais faire. Le meilleur conseil que tu puisses recevoir, tu le possède en toi.

Que l’amour, la sérénité et l’imperfection soient avec toi 💙 .

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8 commentaires sur “Et s’il l’on ne devait retenir qu’un seul conseil…

  1. c’est vrai que la pression qu’on se met à nous même est la pire. On a trop tendance à se comparer mais ça sert à rien parce que chacun montre bien ce qu’il veut de sa vie et de son éducation avec ses enfants. Mais rien à faire on se dit toujours que chez les autres c’est plus/mieux/bien !
    Enfin le paragraphe sur la vraie vie est très vrai même si ça ne se dit pas toujours en société tout ça !!

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    1. La comparaison, c’est un peu le mal du siècle, et ça nous dessert complètement ! Mais comme tu le dis, c’est plus fort que nous, on a été éduqués comme cela après tout !
      Et en plus, en effet, chacun montre bien ce qu’il veut et vit dans le « paraitre » plus que dans l’être. Alors c’est dur de se détacher de cela au quotidien je trouve…

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