18 mois de maternité… et le tsunami en moi.

Aujourd’hui, c’est un article tout en pudeur que je vous livre.
Le passage des 18 mois fut un tsunami intérieur pour moi. Je ne sais pas si vous avez vécu la même chose, je serai ravie d’avoir vos témoignages. Je vous donne le mien, fruit d’un cheminement personnel que je fais depuis 2 mois et qui n’est pas encore aboutit.

La maternité est une telle révolution dans une vie, que l’on soit plus ou moins maternante, plus ou moins indépendante, plus ou moins à l’aise, plus ou moins instinctive. Un nouveau joli mot a émergé dans le monde de la parentalité, la « matrescence ». C’est la contraction de maternité et adolescence, ça évoque ce bouleversement (hormonal, personnel, interne et organisationnel) qui chamboule les femmes lorsqu’elles deviennent mère (on peut sûrement parler aussi de « patrescence », je ne veux pas exclure le bouleversement des pères, mais cela ne sera pas le sujet du jour). Je le trouve très adapté : personne ne reste de marbre, ni ne vit sans confusion, l’arrivée d’un enfant. L’équilibre familial, personnel, sociétal est à redéfinir. Nos visions d’avenir, nos projets, sont remis en question. Nos connaissances sont bousculées, nos principes sont ratatinés par ce petit d’homme.

J’ai mis du temps à m’accepter mère, et à accepter ce sentiment d’amour maternel. J’étais anesthésiée par un accouchement laborieux, une rupture grossesse/maternité très violente (j’étais siiiiii bien enceinte que j’aurai voulu le rester !), un doute sur mes capacités à être mère (je n’ai jamais été attirée par les bébés et avais même décidé, à un moment de ma vie, que je n’aurai pas d’enfants).

Pourtant, dès la naissance de ma fille, j’ai su que je ne serai pas la même mère que celles qui m’entourent. Pas la même mère que la mienne, d’ailleurs. L’époque, les mœurs, le rythme de vie, les connaissance ont changé/e/s. Dès la naissance de Ty’Pêche, mon instinct et mes maigres recherches m’ont dirigés vers le maternage. Je n’ai pas choisit, c’est que je ne pouvais pas faire autrement : c’est ainsi que j’étais maman. Allaitement, portage, proximité physique, cosleeping (c’est uniquement par crainte que je n’ai pas pratiqué le cododo)… c’était ma maternité. C’était MOI maman. Sans réflexion, sans calcul : mon instinct maternel à moi, uniquement.

Ainsi, je me suis donnée à 100 %. Tétées sans compter, réveils nocturnes, accompagnement des pleurs, présence quasi continuelle (de son père ou de moi), pas de garde avant ses 5 mois, pas de garde de nuit avant ses 15 mois. On était 3, et c’était naturel : je veux dire par là qu’on ne s’est pas forcés à rester en famille.

La reprise du travail, séparation forcée, fut un déchirement que j’ai mis beaucoup de temps à suturer.

Puis, sans m’en rendre compte alors qu’elle était là, sous mes yeux, ma fille a grandit. Gagné en autonomie et en petite indépendance. Elle a marché, elle a mangé, elle a parlé. Elle a eu 18 mois. Elle n’était plus un bébé.

Et c’est tout à fait soudainement qu’un vent nouveau souffla en moi. J’avais envie d’indépendance pour moi aussi. De respirer. De solitude. De me centrer de nouveau sur ma personne. J’ai trouvé cela violent. Violent pour moi en tant que mère, violent pour ma fille aussi. Cela remettait en doute ma maternité jusqu’ici : M’étais-je trompée dans ma relation à Ty’Pêche? Étais- je « trop »? Trop présente, trop à elle ? Au point d’en « saturer » ? Et c’est pas un peu grave, ça, de saturer de sa maternité ? Vais-je tout plaquer, tout envoyer valser ? Vais-je traumatiser ma fille avec ces pensées saugrenues ?

Dans ces moments de faiblesse, alors qu’on a besoin de soutien, les remarques désagréables se sont accumulées : arrêter l’allaitement car cela nuit à ma santé, à notre relation trop fusionnelle, au papa, à mon indépendance. Laisser pleurer, elle est assez grande, elle se joue de nous et de notre présence, elle nous manipule. Punir, nous sommes trop laxistes, elle doit comprendre qui décide, elle doit se plier à notre vie.

Je n’avais rien envie d’entendre de tout cela. Pourquoi lorsqu’on demande une oreille attentive, on ramasse quantité de conseils, remarques, jugements? J’étais perdue et je voulais juste que l’on me dise « Courage. Tu fais bien. Si tu veux réajuster, c’est OK. Si tu veux continuer, c’est OK aussi. Choisi ce qui est le mieux pour ta fille, ton mari et toi-même. Tu as la réponse en toi. ».

Cette réponse, j’ai eu de mal à la saisir. Mais petit à petit, elle s’est dessinée en moi… ou alors c’est que j’ai accepté d’ouvrir les yeux ? Je vous en reparle très bientôt …

image Pexels.

Et vous, avez-vous vécu un tsunami aux 18 mois ? Une forte envie d’indépendance, de vous retrouver VOUS, peut-être même une envie de votre vie d’avant ?

19 commentaires sur “18 mois de maternité… et le tsunami en moi.

  1. Je pense que ta réaction est tout à fait normale. Nous sommes mères mais aussi femmes, rester une mère dévouée à 100% en s’oubliant pour le restant de ses jours, c’est ça qui peut devenir problématique. A mon sens, tu évolues au rythme de ta fille: elle grandit et gagne en indépendance, tu en fais de même. Quoi de plus naturel, finalement? Je n’ai pas vécu cela aussi violemment (mais j’ai été moins maternante) mais je vois bien que j’évolue en symbiose avec ma fille. La confier m’est moins difficile (même si, à bientôt deux ans et demi, je ne l’ai jamais confiée de nuit, il y a encore du boulot), j’apprécie plus les moments à moi, bref, je renoue (provisoirement) avec la femme que je suis. Laisse causer les gens et écoute la femme-mère qui est en toi et tu sauras mieux que personne te redéfinir sereinement.

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  2. Pas de tsunami ici, plutôt le deuil du bébé que je n’aurais plus. Mais j’apprécie mon mardi matin sans elle, je n’ai plus de boule au coeur quand je laisse le papa la coucher, j’ai préféré travailler vendredi et laisser mes 3 filles avec leur père plutôt qu’utiliser un précieux jour de congé, et je suis parfois moins disponible dans l´immédiateté, laissant à mes aînées le soin de surveiller le repas ou les jeux quelques minutes…
    Mais bon nous avons pris 3 jours rien que pour nous avec mon mari il y a 1 mois et ça fait vraiment du bien !
    Par contre ma fille me fait clairement comprendre, du haut de ses 22 mois, qu’elle n’est plus un bébé même si elle parle encore très peu. Et j’ai oublié, mais j’ai peut-être vécu ce sentiment après mon aînée, quoique la deuxième est arrivée très vite après !

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    1. Ah oui le deuil du dernier bébé doit être une sacrée étape!
      On évolue nous aussi, on lâche la bride petit à petit à notre rythme, en même temps que l’indépendance de nos loulous : je trouve ça chouette dans un sens ! Ils nous font grandir aussi !
      Super pour les 3 jours en amoureux 😍

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  3. Comme je te comprends ! sauf que de mon coté au 17 mois de mon aîné, est né son petit frère !! donc bye bye les envies d’indépendance :D, mais aujourd’hui il a bientôt 6 mois et je ressens ce besoin de me recentrer sur moi, prendre soin de moi et faire attention à moi et non faire passer mes enfants tout le temps avant moi car j’ai compris aussi que c’est en prenant soin de moi que je serais bien avec eux. J’ai encore beaucoup de mal à les confier (à part la crèche de temps en temps pour mon aîné). Mais je pense que c’est normal d’avoir besoin de ce retrouver soi, on est tellement dans une fusion la première année qu’après on a aussi envie de prendre du temps pour soi..

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    1. Tes mots sont très justes « on est tellement en fusion la 1ère année  » c’est tout à fait ça! Prendre soin de nous est en effet indispensable, mais je crois qu’il faut avoir le « déclic » pour en prendre conscience.

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  4. Hello, bébé a 19 mois, toujours allaitée. Moi aussi j’ai envie de cette indépendance, de reprendre le sport, reprendre ma vie, et je comprends tout à fait. Elle dort toujours avec le sein, je me pose pleins de questions ! j’essaie aussi de voir le côté positif, en me disant que si elle a l’air bien éveillée, bien dans sap eau, c’est aussi grâce à ma présence et mon maternage ! tu peux aussi voir les bons côtés ! sinon, ça m’a fait aussi beaucoup de mal d’écouter les autres, mais mettre en application leurs pseudos conseils de couper le lien avec ma fille m’a fait du mal. j’ai une amie qui me donne plutôt des conseils comme encourager ma fille, lui donner un cadre rassurant pour qu’elle se lance toute seule ! c’est plus sympa.
    bon courage, et tu fais bien, tu sais, car ta relation avec ta fille appartiens à toi. et pas à quelqu’un d’extérieur. c’est toi qui est avec ta fille pour les bons moments et les moments difficile.

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    1. Je crois à 100% que nos bébés si épanouis, puisent leur confiance dans notre maternage !

      Merci de tes belles phrases encourageantes et dans lesquelles je me reconnais ! Tu as raison il s’agit de NOTRE relation (avec papa) et cela nous appartient!

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      1. Ton article a résonné en moi ! je suis toujours dedans, j’essaie de me faire confiance :) bisous et contente de t’avoir aussi encouragée !

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  5. Je pense que c’est un moment important dans nos vies de maman, en général plutôt vers les 2 ans de l’enfant… Celui où on les laisse un peu s’échapper pour retrouver de l’air pour nous. Pas si facile de rebattre les cartes et de trouver notre place entre notre rôle de mère et de femme… c’est un équilibre difficile à trouver mais essentiel pour bien vivre à la fois sa maternité et sa vie personnelle.
    Je pense que c’est avant tout un cheminement intérieur… ça demande du temps et des réajustements mais on finit par trouver notre propre façon de tout concilier!

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    1. c’est cela, ce sont des cartes à rebattre pour quitter la période plutôt fusionnelle de la très-petite enfance, et amorcer la période 2ans et plus ! Aujourd’hui, 4 mois plus tard, j’ai quitté ces doutes et réussis à cheminer de nouveau sereinement !

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  6. Ah les conseils non sollicités mais si vite distribués… Pas toujours facile de passer outre. Je pense sincèrement qu’il est important de t’écouter, si tu te sens bien je crois que ta fille le sera également. Prendre soin de soi c’est être une personne en meilleure forme pour, aussi, prendre soin de ceux qu’on aime.
    Je n’ai pas vraiment connu ce besoin d’indépendance, je suis heureuse (et légèrement nostalgique) quand je vois que mon bébé grandit mais je sens encore mon envie profonde de materner et son besoin de l’être. Parfois, quand je suis interrompue pour la cinquantième fois alors que je tente de lire un bouquin je me rappelle avec nostalgie de l’époque ou je pouvais lire 3 h d’affilées sans jamais être dérangée mais je sais que ça reviendra, et qu’à ce moment là ma nostalgie sera « inversée ». Mais je crois que ma vision de la maternité dépend aussi énormément du fait que je sache que, pour plein de raisons, je n’aurais qu’un seul enfant, alors je cherche à en profiter à fond.

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    1. « Je ressens encore une envie profonde de materner » …. humhum SPOIL : mon article sur la suite de ma réflexion devrai te plaire 😉 je crois que je comprends un peu ta position car je me suis orientée vers l’éventualité de ne pas avoir d’autre enfant… et la suite a été évidente en fait.

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  7. C’est vrai que 18 mois c’est un tournant dans l’autonomie de nos tout petits. Je ne peux pas dire que j’ai soudainement ressenti une rupture mais ce qui est sur c’est que depuis que je suis maman, j’ai toujours eu besoin d’avoir un espace rien qu’à moi. Besoin d’air, de ne pas être que maman. Et pourtant j’adore ça, être maman, je sais que j’aurais bientôt envie d’un petit 3e (ou plutôt j’ai déjà envie d’un 3e mais pas tout de suite 😅). Je crois qu’il faut surtout s’écouter, être bienveillant avec soi même. La société est très prompte à juger de tout et encore plus les mamans. Trop maternante, trop fusionelle, ou bien égoïste et trop stricte, finalement le bon équilibre c’est celui qui nous va bien à nous, à notre couple, à notre famille ! Alors soit la maman que TU aimes être sans complexes ! 😊

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  8. Coucou ! Je crois que ce besoin de se retrouver est commun à beaucoup de mères… on donne sans compter, et parfois sans penser à soi, alors on finit par se faire rattraper et le coup doit être brutal ! Mon petit à bientôt 8 mois, je suis peu entourée, j’ai très bien conscience que j’ai très peu de temps pour moi seule, et parfois je n’ai même plus envie d’être seule finalement… mais… j’essaye de me dire, tiens, là il faut vraiment que je me repose, que je fasse un truc qui me fasse plaisir, ou que je mette le bouton pause car sinon un jour je vais m’épuiser. Je ne sais pas comment mon bébé évoluera, je ne sais pas du tout à quoi m’attendre. Mais tout ce que je lis, chez toi, dans les commentaires… ça m’aide à mieux appréhender ce qui peut m’attendre. Merci d’avoir partagé ça avec nous

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  9. J’ai très souvent cette sensation (ma fille a 10 mois), une envie de tout envoyer bouler et de penser égoïstement à moi et rien qu’a moi. Mais quand je vois sa bouille pleine de malice et ses yeux d’amour je me dis que je suis une mère heureuse 🙂

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