Journée enfant malade

39°9. C’est ce qu’annonce le thermomètre après une interminable attente. Tes petits yeux ne tiennent pas ouverts, ton teint est pâle et ton sourire, absent. Ce soir là, tu t’endors en 3 minutes chrono, brûlante et recroquevillée dans notre grand lit familial. Je te souhaite une bonne nuit et espère qu’elle sera revigorante.

Elle ne le fut pas.

Le lendemain, tu es toujours fiévreuse, et vraiment faible. Il faut dire que tes 7 réveils nocturnes n’ont pas engendré de repos, pour toi comme pour nous. En te voyant, avachie sur le canapé pendant que je prend le relai de Chéri qui part travailler, je me demande comment je pourrai te laisser en garde sereinement, à midi. … mon coeur de maman me hurle « Ne fais pas ça ! Regarde-la ! Elle a besoin de toi ! » Tu te tournes mollement vers moi et me réclame « Tes [b]ras, Maman ! Tétée, maman ! ».

La société actuelle fait que, alors que ton enfant, TON ENFANT, est au plus mal et a besoin de toi, tu te poses quand même la question d’aller bosser ou pas…. Tu culpabiliserai même un peu, de laisser ta boîte, tes collègues, ton travail. Comme si ta boîte et ton travail valait plus que le confort et la santé de ton enfant. On nous retourne le cerveau, quand même 🙃 .

Bref. J’hésite. Tu ne serai pas si mal avec l’Ass-Mat, elle est douce et maternante je le sais. Un énième faible « Ma….man… » me ramène à la raison : non mais franchement, ma fille ne serai nulle part mieux qu’au creux de mes bras. Je dégaine mon téléphone : aujourd’hui je serai absente, journée enfant malade.

C’était une journée étrange. Je n’ai rien fais, je t’ai gardée tout contre moi toute la journée, les seins libres car téter était ta thérapie, et je te berçais en te regardant gémir et dormir. Nous sommes allées chez la Docteur, elle sembla peinée de te voir si faible : tu n’avais même pas la force de lui répondre, ni de te débattre lors de l’auscultation gorge et oreille (des actes plutôt désagréables pourtant, tu nous le fait savoir habituellement). On en ressort avec un diagnostic, une ordonnance et un regard compatissant. Blottie dans la Sling, tout contre moi, tu ne pipes mot du trajet retour.

Je mange avec toi sur mes genoux, tu n’avales rien bien entendu. On va se lover sous la couette, toutes les 2, nous avons de la fatigue accumulée. La chaleur que dégage ton petit corps m’impressionne. Te voyant endormie, si pâle, si faible, si brûlante, je repense forcément à Carolina alias Mummy. A son petit Roman dont la vie s’est éteinte à l’aube de ses 6 mois. Mon coeur se déchire d’imaginer ma fille, mon coeur, ma précieuse, ma chair, s’éteindre à jamais. Impossible. Impossible … impossible d’y survivre. Impossible que cela puisse être vrai.

Ton Papa prend plusieurs fois de tes nouvelles. Lui aussi, 2 jours avant, avait vécu une journée similaire auprès de toi. Au final, tu aura fait une sieste de 4 heures. 4 Heures ! Un record pour mon insomniaque de petite fille. Et le soir, alors même que tu n’étais réveillée que depuis 2 heures, tu réclamera à retourner te coucher. Impensable… Tu es vraiment, vraiment malade, ma Chérie ♥ .

Après cette semaine compliquée pour toi, ça nous a fait du bien de revenir sur la maladie, la douleur, le docteur… avec ces quelques éléments : une mallette de docteur (celle du chez Verbaudet dont la plupart des éléments sont en bois) pour rejouer la visite médicale ; le livre « T’choupi chez le docteur » (pourtant vous le savez, pas franchement pro-T’choupi, mais ce bouquin-là évoque de pas mal d’éléments rencontrés en visite médicale) qui raconte et illustre la plupart des examens usuels, et parle de la peur de la douleur (T’choupi reçoit un vaccin / bémol : sa maman lui dit « mais non tu n’auras pas mal » -> Je supprime cette phrase à la lecture car SI, une piqure, ça fait ressentir une douleur) ; le besoin de ré-expliquer, encore et encore, l’intérêt des médicaments que nous te faisions prendre.

Aujourd’hui, bien sûr, tu pètes le feu. Tu as repris tes habitudes : tu cours, tu ris, tu es pleine de joie, tu es cette petite fille solaire que nous connaissons. Et même si, tu es aussi de nouveau opposante, râleuse, et réticente à dormir, nous sommes éminemment heureux de t’avoir retrouvée, ma petite Pêche ♥ !

11 commentaires sur “Journée enfant malade

  1. Ah cette culpabilité de la journée enfant malade, je la connais bien aussi… Nous avions abordé le sujet sur insta. C’est rarement moi qui les prends chez nous puisque je n’ai pas de journées enfants malades rémunérés. Mais c’est toujours un déchirement, même si je sais que mon fils est super bien avec son père, de le laisser quand il aurait besoin de passer sa journée à téter !

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  2. Oh comme je n’aime pas non plus ces moments là !
    Ton article tombe à pic, j’étais justement hier en journée enfant malade… enfin comme tu l’expliques si bien, malgré une nuit courte et deux vomis, j’ai tellement voulu croire que ce n’était pas encore la gastro… j’ai donc emmené cocotte à la crèche, sachant qu’elle y serait bien dorlotée, qu’une infirmière y était…
    Mais moi au travail, je n’ai pas arrêté de stresser, ai appelé le 15 pour éliminer un risque de méningite (elle avait eu une otite peu avant, ça m’a fait peur d’un coup d’avoir été négligente et attendu 3 jours avant d’aller chez la doc pour la soigner), et au final malgré un rdv chez le médecin à 15h30 j’ai filé à midi la récupérer et rentrer faire la sieste avec elle. Les longues tétées l’ont bien aidées et ça allait déjà mieux chez le docteur. Et moi j’ai perdu 3h à bosser pour rien, enfin franchement pas très efficace… cette culpabilité de laisser mon boulot n’a strictement servi à rien mis à part me faire culpabiliser de laisser ma fille dans les bras d’autres alors que les miens sont magiques…
    aujourd’hui ça va mieux et elle était ravie de retourner à la crèche, a même refusé une tétée pour y être plus vite!!

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    1. En effet nous ne sommes pas tranquilles de les laisser à d’autres alors qu’ils ont tant besoin de nous dans ces moments-là !
      Heureusement ta fille va mieux ! Ne culpabilise pas, on doute toutes d’avoir peut-être loupé un truc !

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  3. Ce que je déteste les voir malades moi aussi ! Mais jusqu’à présent pas de journée enfant malade pour nous : elles sont toujours malades pendant les vacances ou le we 😉 (enfin, sauf la Biscotte ce début d’année, son éviction de l’école était pure forme étant donné qu’elle n’avait plus aucun symptôme alors elle a été chez nounou au lieu de l’école…)
    Bon rétablissement à Ty Pêche, heureusement ils retrouvent en général vite leur vitalité à cet age la.

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    1. Oh malade durant le week-end… à la fois dommage, et tant mieux car nous sommes présent pour eux (enfin si on ne bosse pas le week-end….).

      C’est vrai qu’ils rebondissent vite, elle va d’ailleurs parfaitement bien actuellement !

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  4. En plein dans le mille ici aussi puisque j’ai passé trois jours avec Goyave malade dont aujourd’hui où j’ai dû annuler tous mes rdv pré reprise.
    Mais en même temps, nous aussi on est mieux avec eux qu’au boulot à culpabiliser.

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