Me lancer dans le co-schooling, ou l’apprentissage conjoint à l’école

Ma fille grandit, c’est indéniable. Et avec cela, sa soif d’apprentissage. Alors que sur ses 2 premières années, les découvertes de son environnement, de sa mobilité et de la paroles dominaient, on a vu un virage impressionnant en terme de curiosité et d’envies. On a vu se dessiner une petite fille vive d’esprit, très curieuse, assez précise, dotée d’une incroyable mémoire et d’une capacité de compréhension à toute vitesse. J’étais loin de m’imaginer que les enfants, si petits, pouvaient déjà apprendre autant de choses, se poser des questions pertinentes, et demander « toujours plus ».

En parallèle, la question de la scolarité s’amorçait puisque nous étions dans la dernière ligne droite avant l’obligation d’instruction (3 ans). Étant assez septique quand aux conditions de scolarisation actuelles avec des classes surchargées, des instits délaissés et des moyens ridicules, je me suis pas mal renseignée sur l’IEF (instruction en famille, à domicile donc) qui comporte des aspect formels (cours ressemblant à l’école) ou au contraire complètement free (l’informel ou l’unschooling). C’est ainsi que j’ai découvert le co-schooling… et c’est de cela que je vais vous parler aujourd’hui (je pense que je ferai un article sur mes réflexions à propos de l’école prochainement).

.
Co-schooling, késako ?

C’est chez Maaademoiselle A que j’ai découvert une définition riche et claire du co-schooling. Il s’agit de proposer à l’enfant des activités et des découvertes en dehors de l’école, « en plus » ; ce sont des découvertes qui n’empiètent pas sur le programme scolaire, mais des choses qui n’y sont pas abordées. La ligne directrice est toujours l’envie de l’enfant, ses intérêts du moment, ses capacités. Il ne s’agit pas de lui « bourrer le crâne » en plus de ses journées scolaires : il s’agit de répondre à des besoins d’apprentissages que l’école ne permet pas, ou pas « dans l’immédiat ». Il peut s’agir aussi, pour le parent, d’adopter une place de « moi aussi je peux lui apprendre des choses » et ne pas se sentir dépossédé, spectateur des apprentissages.

Ce qui est chouette, c’est qu’il n’y a rien de formel : pas de programme à boucler, pas de X heures par semaines, pas de comptes à rendre, pas d’objectifs autres que découvrir et s’amuser. La seule chose formelle, c’est que ça a un nom, finalement, pour reprendre la réflexion de Maaademoiselle A.

Mon cheminement
Je vais être honnête : c’est devant ma grande frustration de constater que je n’aurai pas les moyens financiers de nous proposer l’IEF, que j’ai été séduite par ce concept. Ça me dérangeait un peu comme sentiment, alors j’ai pris le temps de me poser, de m’imaginer, de sous-peser les raisons : je ne voulais pas faire cela « pour combler ma frustration » et qu’au final ça ne corresponde pas à ma fille. J’ai donc mis 2 mois à chercher, lire, observer les blogs et comptes de co-schooleuses, proposer des minis choses à ma fille et observer son adhésion (ou pas). J’ai compris le sens de « partir de son intérêt » et saisis l’énorme différence de motivation entre une activité proposée qui ne correspond pas à ses envies du moment, et un activité qui tombe pile poil dans son mouv. Et je me suis délectée de ses progrès fulgurants lorsqu’il s’agissait de choses qui la captivait : pour exemple alors qu’elle s’intéressait aux puzzles, en l’espace d’un mois elle est passée de 9 pièces seule (en par coeur) à 20 pièces avec aide, très rapidement 20 pièces seule puis 36 pièces avec une aide de moins en moins présente… j’ai trouvé cela incroyable !

exemple d’activité que j’avais déjà pu proposer à ma fille.

.
Nos premiers pas

Je vous raconterai dans d’autres posts les détails de nos activités, intérêts et échecs aussi. J’ai choisis de fonctionner par « thèmes » car je m’y retrouvais mieux, c’est un confort personnel en terme d’organisation. Pour un thème donné, je recherche en amont des inspirations sur la blogo et Pinterest ; je réserve et emprunte plusieurs livres à ce propos dans notre Médiathèque ; j’imprime et parfois plastifie des fiches et des cartes de nomenclature ; je mets en place des activités de manipulation car à son âge (30 mois) mais même après, la manip est ce qu’il y a de plus enrichissant quand on parle d’apprentissages et de découvertes ! Je passe environ 15 jours de recherches, achats et mise en place. Puis la thématique dure autant de temps que Ty’Pêche s’y intéresse. Et… c’est plutôt un succès ! Ty’Pêche est conquise à l’idée de faire des « zativités » et je la laisse donc m’en réclamer spontanément. La découverte via les livres et revues rencontre également un franc succès, elle adore retrouver les mêmes informations dans des livres différents. Elle développe un esprit curieux et des questions très pertinentes, cela créer un échange que j’adore. En revanche, les cartes de nomenclatures ne sont pas encore vraiment exploitées.
Ces temps « thématiques » restent minoritaires par rapport à la large part de jeu libre et d’activités extérieures que nous faisons au quotidien : ma petite fille de 2 ans et demi n’est contrainte à rien et bien évidemment, choisit par elle-même ce qu’elle veut faire de son temps 🙂 . Nous rencontrons également la limite de mon propre emploi du temps : ces derniers temps, j’ai été super occupée et n’ai pas pu lui préparer grand chose, eh bien la demoiselle était plutôt frustrée de cela !

activité découpage et collage : énorme succès !

En résumé, c’est une aventure qui me plait et que je vais essayer de poursuivre au gré de mes envies et disponibilités, je vous en ferai part de temps en temps !

Ces comptes inspirants
Si l’aventure vous tente, voilà quelques mamans inspirantes (j’ai pas encore trouvé de papa dans le genre !) :
Mademoiselle A.
Mon bazar coloré.
Milestory aka maman happycultrice.
Maman dans les nuages.
Ma vie trépidante de maman.
Petits homescoolers.
Dessine-moi une histoire.
Paillettes et imagination (instagram).

16 commentaires sur “Me lancer dans le co-schooling, ou l’apprentissage conjoint à l’école

  1. Je ne connaissais pas ce terme, et pourtant je pense c’est ce que je fais.
    J’ai commencé à faire cela quand, grâce à la lecture de L’Enfant de Montessori et un peu d’observation de mon fils, j’ai vu clairement se dessiner des périodes sensibles.
    Et puis, au fil du temps et avec l’acquisition de la parole qu’il maitrise parfaitement, c’est devenu plus simple de savoir quels sont ses centres d’intérêt du moment. Je ne préparer pas forcément en avance, je fais un peu à l’arrache mais il adore faire des activités et en redemande. Ce qui le passionne aussi ce sont les sorties : musées, châteaux, expos… C’est impressionnant comme il écoute nos explications !
    J’attend avec impatiences tes retours sur les activité testées, ça m’inspirera sans doute !

    J'aime

    1. Merci !
      Cet article marque en fait mon « cadrage » dans les activités que je propose, mais effectivement je lui en préparais déjà depuis 6mois/1an , de façon plus spontanée et ponctuelle.
      Préparation ne signifie pas de potasser un sujet hein, seulement d’avoir imprimé quelques trucs à l’avance et anticipé mes emprunts à la Médiathèque 😉

      Je n’ai encore pas osé les visites et musées… cet été, l’Ocearium fut un fiasco, du coup ça nous a refroidit !

      J'aime

  2. Merci beaucoup pour cet article! Je ne connaissais pas le nom. Pourtant, ayant été en IEF pendant un an, je m’étais déjà pas mal informée!

    Suivre l’enfant… toujours tant de richesses. Un autre site qui pourrait t’intéresser, celui de Joëlle Martin. Une femme très inspirante. Je recommande ses conférences.

    https://www.sous-l-olivier.be/

    J'aime

  3. J’ai découvert ce terme il y a peu et c’est ce qu’on fait ici aussi finalement. Toujours en suivant ses demandes également pour Goyave. Ou mon observation de ses intérêts en ce qui concerne Kiwi. Mais ça me pose toujours question par rapport à l’école et à ne pas trop en faire…

    J'aime

    1. C’est probablement le côté « délicat » : ne pas trop en faire. Mais, à mon avis, l’enfant sait montrer que c’est trop pour lui. Et je pense que tu es parfaitement à l’écoute de ta fille pour pouvoir capter ses signaux !

      J'aime

  4. Je découvre avec plaisir ton article. Je ne savais pas que l’IEF était payant ! Je vais me renseigner à ce sujet. Je n’ai pas encore d’enfants mais je suis très réticente à ce qu’il aille à l’école – dans le sens où ce qu’on leur apprend ne laisse pas place au plaisir, je trouve ça bien trop conventionnel et ne laissant pas place aux apprentissages autonomes.

    J'aime

      1. C’est ton texte qui me fait pensez à cela car tu dis que tu n’aurai pas eu les moyens financiers de faire l’IEF. Mais après réflexion, c’est plutôt sûrement que tu ne pouvais pas quitter ton boulot pour faire l’école à la maison à ta fille ?

        J'aime

      2. Hihi oui je parlais de quitter mon travail en effet 😉 Notre situation de vie fait que pour pratiquer l’IEF, je devrai réduire drastiquement mon temps de travail et donc il nous faudrai probablement vendre la maison pour plus petit ou plus loin de la Métropole. Pas impossible, mais c’est un choix que nous ne voulons pas faire 😊 .
        Sinon, l’IEF peut etre coûteux si l’on choisit d’opter pour des cours à domicile ou des cours téléchargeables sur des plates-formes conventionnées avec l’Ed. Nationale.

        Aimé par 1 personne

      3. Effectivement, je comprends que le choix puisse être compliqué. En tout cas, je trouve ça déjà chouette le co-schooling, je n’y avais pas vraiment pensé. Merci pour toutes ces explications. 🙂

        J'aime

  5. Bonjour, je découvre à peine votre blog (pour trouver chaussure au pied de mon enfant…), et je creuse un peu en tombant sur votre projet de co-schooling. Je vous suggère cette mère, instit’ par ailleurs, et activement impliquée dans l’éveil culturel et scientifique de ses enfants (et puis plein d’autres inspirations éducatives): http://www.mercimontessori.com/

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s