Post-confinement : Oui… Mais…

Je suppose que cela ne vous a pas échappé, mais les 2 mois de confinement presque total de la population française sont terminés. Cela rimait normalement avec rentrée scolaire et retour au travail … mais en réalité, ce n’est pas si simple (comme tout, toujours, tout le temps).

C’est repartit pour une vie tout à fait normale.

Retour au travail : Oui …. mais…
Cette date du grand redémarrage du monde du travail n’est pas une réelle échéance puisque pas mal de secteurs avaient repris sans attendre le 11 Mai, et le Gouvernement a demandé à privilégier le télétravail encore et encore (ce que, de ce que j’en vois dans mon entourage, n’est absolument PAS respecté : la frilosité des entreprises à permettre le télétravail me surprend énormément). Il y a aussi des milieux qui ne reprennent toujours pas (pensée vers les secteurs de la restauration, de la culture et du tourisme notamment).

Un retour au travail qui devait être possible avec une sécurité optimale, aussi bien sur place que dans les transports. Sur le terrain, c’est parfois compliqué, mais les uns et les autres ont globalement fait des efforts : on voit des signalétiques et des affichettes dans les transports, il y a des distributeurs à SHA, j’ai l’impression que les employeurs ont aussi réussit à obtenir le matériel adéquat afin de protéger leurs personnels (bémol pour les travailleurs du chantier en face de mon boulot : ils n’ont aucun équipement depuis 15 jours et pourtant ils sont une quinzaine, parfois forcément bien proches les uns des autres).

Avec donc ces circonstances particulières et les spécificités de chaque métier, les français ont plus ou moins reprit le chemin du travail. Je lis ça et là du soulagement (de ne plus être enfermé), du contentement (de retrouver son poste), de l’anxiété (de cotoyer multitude de personnes), beaucoup d’interrogations quand à l’avenir, de la fatalité aussi (« c’est comme ça va falloir apprendre à vivre avec »).

Retour à l’école et à la crèche : Oui… mais…
Le reprise du travail nous pouvais bien évidemment pas tellement se faire en gardant les enfants à la maison : si l’intention affichée du Gouvernement est d’enrayer le décrochage scolaire et les inégalités sociales, ne nous leurrons pas, le but est quand même principalement de permettre une reprise de la sacro-sainte économie du pays. On a tous vu des enseignants et directeurs d’écoles et collèges, partager avec dépit le manuel de 63 pages de recommandations sanitaires à mettre en place pour la « rentrée scolaire bis ». Je pense et plains les professionnels de la petite enfance, ainsi que les instits qui doivent gérer une situation inédite avec un cruel manque de moyens qui sévit depuis des dizaines d’années : certains sont en colères, d’autres fatalistes, d’autres encore combattants et motivés : quelque soit leur réaction, qui est légitime, grosse pensée vers eux et plein de courage ♥.

Partant de là, s’est engendré un casse-tête pour la plupart des parents : remettra pas, remettra pas son enfant à l’école ? Des calculs d’apothicaire et énormément de culpabilité ont coulé en masse dans les chaumières.

Tous les points de vues sont entendables :
– avoir besoin de souffler après ces 2 mois confinés, avoir besoin de temps et d’espace, avoir besoin aussi de calme pour le télétravail,
– se poser la question de l’impact d’une « déscolarisation » de 6 mois, et de comment gérer la reprise du rythme scolaire en Septembre,
– redonner un peu de repaires aux enfants, leur permettre de revoir l’école, l’instit, les quelques copains présents,
– ne pas vouloir leur faire prendre de risques, qui engendrerai un risque pour tout le foyer,
– être effrayé par les mesures de distanciation physique et les limitations de déplacement et de contact, s’interroger sur l’impact psychologique pour les enfants,
– être obligé de retourner travail et ne pas avoir le loisir de choisir,
Au final, bon gré mal gré, avec les quelques infos officielles qu’on pouvait obtenir, les news et fake-news qui circulaient sur les réseaux sociaux, les avis et X et de Y, chacun a dû faire un choix pour le 11 Mai.

Je vous ai sondé sur Instagram et vos situations sont largement en faveur d’une poursuite de la distanciation sociale.


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Le post-confinement chez nous…
… Ca ressemble beaucoup au confinement. Moi bien sûr, je continue de travailler comme normalement. Nous nous sommes torturé la cervelle pour choisir si oui ou non Ty’Pêche retournerait à la crèche, ou resterait à la maison, ce qui aurait un impact sur la reprise de Chéri. Au final, Chéri reste à la maison pour plusieurs raisons, et tant mieux car les informations que nous ont fournit la crèche ne nous ont pas convaincu d’y laisser notre fille (changement obligatoire de structure). Mes 2 amours restent donc un mois de plus ensemble.

C’est une décision qui m’a énormément soulagée, au final. Je n’étais pas confiante de savoir que Ty’Pêche serait gardée par des éducateurs.trices qu’elle ne connait pas, qui seront masqués, dans des locaux également inconnus mais dans lesquels nous n’aurions pas pu l’accompagner, et avec des jouets limités et des rapports humains contrôlés (bien que notre médecin traitant nous assurâmes que la totalité des gestes barrières seront respectés en crèche, et qu’il n’y a aucun danger de contagion, c’est certain… Sourire de convenance pour cette femme qui est compétente mais n’a visiblement pas souvent vu le fonctionnement d’une communauté de bambins).

Chacun fait « comme qu’est qu’il peut avec qu’est ce qu’il a », hein !

L’avenir : …
Le plus difficile est, je trouve, le manque de visibilité à long terme : qui sait ce qu’il adviendra dans 15 jours, 6 semaines, 3 mois ? Qui sait comment vont évoluer les vagues épidémiques ? Qui sait les décisions que prendront encore le Gourvernement ? Qui sait comment sera l’été, la rentrée de Septembre ?
Imaginer ma fille faire sa première rentrée scolaire avec les mêmes conditions que celles mises en place cette semaine me rend malade : je ne me sens pas capable d’accepter de lui imposer cela. Ce n’est pas la vie, ce n’est pas le monde dans lequel nous voulons vivre : un monde aseptisé, sans contacts, sans échange physique, un monde masqué, contrôlé, pisté, un monde de méfiance, de jugements et de dénonciation. Certes, il y a des principes de sûreté et de précaution qu’il faut respecter pour la protection de tous. Mais j’ai peur qu’avec ces artifices, nous perdons le sel de notre société : les rapports humains, la chaleur d’un sourire, la confiance, la douceur d’une accolade. Ce n’est pas ainsi que je veux voir grandir ma fille…

Et chez vous, comment se passe ce post-confinement ? Qu’en pensez-vous ?

7 commentaires sur “Post-confinement : Oui… Mais…

  1. Grosse question ici aussi… pour le mois de mai c’est réglé, les 3 poulettes sont à la maison avec moi. Mais juin?? Je ne sais pas encore quelles seront mes conditions de travail : poursuite du télétravail possible avec un joir de présence effective comme depuis peu? Davantage de présence ?… l’aînée aimerait bien retrouver ses copines de primaire, ma deuz s’en fiche un peu même si ce sont ses meilleures amies qui sont déjà de retour, et j’aimerais tellement que troiz puisse revoir ses copains de crèche une dernière fois mais pas trop dans ces conditions, même si les pro restent hyper bienveillantes et savent s’adapter… quel dilemme !! Mes filles sauraient sans doute vite s’adapter et apprécieraient le contact avec l’extérieur, moi je soufflerais un peu mais pfff… pas envie… un jour j’y songe et le lendemain j’envisage de me mettre en arrêt pour les garder…

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  2. Ma fille n’ira pas à l’école en juin même si il y avait de la place pour elle. Nous avons évoqué la possibilité d’une instruction en famille pour l’année prochaine tant nous avons peur des répercussions d’un tel climat anxiogène sur un enfant aussi jeune. Pour les plus grands, ceux qui comprennent ce qu’est une épidémie et qui peuvent le prendre comme un jeu ou un challenge pourquoi pas… Et puis surtout vu qu’on a rien à faire cet été autant rester avec notre fille !!

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  3. Ici l’incertitude est aussi un peu difficile à vivre en ce moment même si une randonnée dans les champs et les bois m’a remonté le moral le weekend dernier.
    Tu le sais, mon fils est retourné à la crèche il y déjà 3 semaines, nous ne pouvons pas faire autrement. Mais ses habitudes sont peu chamboulées, il est dans sa structure avec les auxiliaires qu’il connait, elles sont justes masquées. Ils sont très à cheval sur le lavage des mains mais n’imposent pas de gestes barrières aux enfants qui ont droits de jouer ensemble et d’avoir un câlin si il le réclame. Personnellement je préfère ça !

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    1. Les conditions dans la crèche de ton fils m’ont l’air rassurantes et pleines de bon sens ! Tant mieux si ça se passe bien 😊

      On partage les mêmes difficultés de projection !

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  4. Reprise pour mon conjoint et les enfants. J’appréhendais surtout le retour à l’école pour Goyave. Première journée la semaine dernière un peu difficile, m’a dit sa maîtresse. Elle a très peu parlé et était toute bizarre quand je l’ai récupéré. Puis après avoir discuté de sa journée et m’avoir expliqué les règles qu’elle devait suivre, elle a spontanément dit qu’elle voulait y retourner. Avec mon conjoint, on s’est donc donné un peu de temps pour voir. Et lundi, mardi se sont très bien passés. La maîtresse et l Atsem sont sereines et ca aide beaucoup je pense. Et puis la majorité des enfants sont très adaptables aussi. Pour les garçons, retour à la MAM encore plus facile. Finalement, malgré nos inquiétudes, ça se passe bien et j’en suis soulagée.

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