Du choix de l’école à nos premiers pas dans ce nouveau monde ! [2/2]

Retrouvez la première partie de nos réflexions ici : j’y parle de notre vision peu glorieuse du système éducatif français, de nos envies, de nos possibilités et de nos limites.

Nous voilà donc, après presque 1 an de réflexions quand à la scolarisation de notre fille, à la croisée des chemins.

Nous avons visité l’école alternative, qui fonctionne en associatif : c’est privé, à but non lucratif. La scolarisation n’est pas payante, mais chaque famille s’engage à participer aux récoltes de fonds pour faire vivre l’école, le matériel, les locaux, le personnel non enseignants. C’est un engagement personnel sur l’année.

Ce concept de participation nous a séduit, tout comme cette petite école à taille humaine, menée par un directeur dynamique et motivé. Maximum 20 enfants par classe, multi-age et multi-niveau, qui permet une personnalisation adaptée à chaque enfant, son rythme, ses besoins, ses capacités. Des locaux spacieux, un peu vieillots, des salles en maternelles sans bureaux mais avec une grande table, des coussins, des tapis de sols… Une classe élémentaire dont les tables sont disposées en U et le coin lecture est agrémenté de poufs et coussins. Une cour de récréation comprenant un coin potager et un espace arboré. On s’y est sentit bien, tout était cosy et chaleureux. L’ambiance détendue entre les parents a achevé de nous fédérer : malgré la distance, le « hors commune » et l’absence totale de « copains de crèche » , Ty’Peche ira là-bas.

Nous quand on est sortit de la visite de cette école ♥

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Par la suite j’ai eu des phases de doutes, surtout quand les parents du quartier me demandaient si notre fille allait à l’école PM (celle du quartier, donc) avec tous les autres gamins avec qui elle jouait à la crèche et au parc. Ça me rendait triste de les imaginer tous sans elle… mais j’ai réalisé, grâce à mon homme tout en pragmatisme et en sagesse, que ce n’était que le fruit de mes projections. De plus, le confinement et l’arrêt de la crèche nous montra qu’en quelques semaines, elle avait déjà oublié les prénoms de ses camarades de jeux 😌.

Alors, Septembre arriva !

📚 Nous avons utilisé, en amont, ces 4 livres pour concrétiser un peu les journées scolaires :
T’choupi à l’école : vous le savez je n’aime pas T’choupi, mais ce livre-là est très simple, décrit de façon concrète une journée type, sans VEO.
Une journée à l’école [Escabelle] : un format imagier, idéal pour ouvrir la parole.
Kididoc l’école : super complet, voire complexe pour 3 ans, un peu VEO hélas (je zappe certaines phrases 🤫).
Apolline, la rentrée à la maternelle : Apolline est très pressée de découvrir l’école, mais elle est surprise d’apprendre qu’elle n’a pas une maîtresse mais… un maître ! Une histoire rigolote qui retrace une journée de rentrée scolaire.

 

Le jour de la rentrée, nous avons accompagné une Ty’Pêche à l’aise, curieuse et déjà bavarde jusqu’à sa classe. Nous avons repéré ensemble son porte-manteau, puis les WC. L’enseignant était timide, ce qui m’a un peu déstabilisée je dois dire 😁. Après quelques câlins, nous avons tourné les talons. … et c’est tout ! Ce fut donc une rentrée sans heurts ce matin du 1er Septembre !

Depuis, les matins se ressemblent avec une petite fille enjouée et qui prend ses marques très rapidement. On m’assure que tout se passe bien en journée pour elle. Les enseignants et les Atsem sont présents, à l’écoute, doux. Dans la classe de ma fille, ils sont… 10 élèves ! C’est presque un rêve qui se réalise pour moi !

superbe visuel de la pancarte création de Maman Happycultrice

 

En revanche le soir, c’est la déferlante… Ty’Pêche est épuisée de ses journées, mais elle tient à ses temps de jeu avec SES jouets et SES parents (chose que nous comprenons et lui accordons). Après le dîner, lorsque nous prononçons le mot « coucher », s’en suit une cascade de négociations, d’allers et retours, de revendications, de « moi-toute-seule » et de « Mais j’ai besoin d’aiiiiideuuuu », de cris, de pleurs, de tapes… Les soirs sont lourds à gérer, et encore nous sommes deux pour se relayer. La décharge émotionnelle et la fatigue sont grandes et nous avons du mal à faire face. J’ai tenté de créer des visuels « routine » mais cela ne fonctionne pas avec notre fille (en même temps, elle n’a jamais adhéré aux routines contrairement à ce que 99% des pros nous conseillent). J’ai avancé, petit à petit, l’heure de la préparation au coucher : chose délicate pour une petite fille qui a toujours eu une rythme tardif (au-delà de 22h30). Jour après jour, un nouveau rythme se dessine  pour nous et nous apprécions, après 6 mois de bouleversements, d’avoir de la stabilité.

L’humeur de ma fille, le soir.

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Après 3 semaines de classe, nous avons un premier bilan positif ! Cette école à taille humaine, avec une étroite communication entre les professionnels et les parents, et la joie de ma fille à y aller, sont des éléments qui nous rendent sereins pour la suite.Nous poursuivons nos premiers pas sur le chemin de l’école, avec l’idée que nous ne sommes pas liés définitivement à un groupe scolaire et que tout changement, s’il est dans l’intérêt de notre fille, est toujours possible !

Et vous, comment se sont passés vos cheminements et les rentrées scolaires de vos enfants ?

Je vous invite à lire le cheminement de ces 2 autres mamans :
– 4 articles qui m’ont passionnée et aidée à cheminer chez HappyNaiss.
– 2 articles à propos de la scolarisation en milieu rural chez Maman Dinde.

 

11 commentaires sur “Du choix de l’école à nos premiers pas dans ce nouveau monde ! [2/2]

  1. Super pour ta fille!
    Ici poulette est à l’école du village, elle n’y retrouve aucun copain de crèche mais elle mélange les prénoms pour se rassurer, ainsi il y aurait un autre Romain qui est aussi son amoureux… je sais que l’adaptation auprès de ses pairs n’est pas le plus simple pour elle, après 3 années de crèche avec une douzaine de copains (et quasiment pas de filles), elle se retrouve avec 18 camarades (c’est peu, j’en conviens !) dont 5 garçons seulement… elle commence, après 4 semaines, à nous parler de quelques uns/unes…
    Concernant le reste, heureusement qu’elle a eu l’habitude d’accompagner ses sœurs en maternelle les années précédentes puisque nous n’avons pas pu visiter la classe ni l’école avant la rentrée, nous la laissons à la porte du hall tous les matins où les atsem prennent le relais. Son atsem est super, elle a su gagner sa confiance en une seule journée et pourtant avec ma fille ce n’est pas chose aisée!
    En tout cas, après une semaine de pleurs et gros câlins le matin cela va beaucoup mieux, elle nous dit qu’elle adore l’école, et la garderie qu’elle fréquente 3 soirs par semaine pendant 2h…
    Ici aussi les nuits ne se sont pas arrangées par contre, beaucoup de cauchemars, de peurs et de nuits qui finissent dans notre lit! Mais chaque chose en son temps…

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    1. Super de lire de tes nouvelles !
      En effet c’est dommage de ne pas avoir pu visiter, ça aide bien les enfants (et les parents) quand même ! Heureusement vous aviez vos expériences des années précédents.
      Les nuits finissent souvent (voire commencent…) dans notre lit également !

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  2. Je suis ravie de voir que la rentrée de Ty’Pêche s’est aussi bien passée ! Chez nous le questionnement public/privé est toujours en débat. L’année dernière, la Biscotte a fait sa rentrée en maternelle publique, à 50m de la maison. Mais sa maitresse était assez froide et même si tout se passait bien, ce n’était pas la grande joie de partir à l’école le matin. Pas de pleurs, mais de la morosité. Sa classe était aussi assez remuante. Et puis, pendant le confinement, l’enseignante a vraiment été en dessous de tout : pas une seule prise de nouvelle en 3 mois, des mails avec simplement des pièces jointes pour le travail de la semaine, sans explications. Bref, la Biscotte a beaucoup progressé en 3 mois, mais certainement pas grâce à l’école ! La question de la mettre dans la petite école privée (multi niveaux, ouverte aux pédagogies alternatives etc.) du village nous a titillé mais nous avons ensuite appris qu’à son école actuelle, la Biscotte serait avec une maitresse nouvelle sur la commune cette année et surtout toujours dans la classe de ses 2 meilleurs copains depuis… 3ans. Pour l’instant nous ne regrettons pas, l’enseignante est top, la Biscotte est impatiente d’aller à l’école le matin. Néanmoins nous avons l’impression qu’elle n’apprend pas grand chose donc nous hésitons toujours pour l’année prochaine, d’autant que sa sœur rentrera elle aussi à l’école. A suivre donc !

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  3. C’est chouette de voir que votre cheminement a débouché sur une rentrée super positive!
    Nous habitons un mini village mais avons la chance d’avoir une bonne école. Quatre classes seulement de la toute petite section au CM2. Du coup, nos deux petits fruits sont dans la même classe.
    La maîtresse est vraiment bien, ouverte à l’alternative. Elle a de temps en temps des petits sursauts de vieille tradition mais est toujours prête à la discussion.
    Il y a des points négatifs comme partout mais finalement c’est plus du côté de certains autres enfants que je les vois. C’est horrible à dire mais de temps en temps nos enfants présentent des comportements ou des phrases que l’on ne reconnaît pas. J’espère qu’en grandissant, leur esprit critique va se développer.

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  4. Merci pour le lien 😘.
    Je suis contente de lire que vous avez trouvé une école à taille humaine. 10 élèves dans sa classe, c’est génial ! Si ta fille est heureuse d’y aller c’est le principal.
    Participer à la récolte de fonds concrètement cela veut dire combien d’heures par mois à investir 🤔 ? Et faire quoi ?

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    1. Alors concrètement, ça veut dire : participer à l’organisation d’évènements (m’enfin cette année avec les restrictions, y’en a pas beaucoup) ; faire des ventes (jus, pommes, chocolats de Noël, calendrier… tout est bon à vendre) ; rechercher des donateurs (Mairies, autres asso, particuliers).
      Sur ma maigre expérience de Septembre et Octobre, je dirais que nous en sommes à 2 réunions de 2h par mois + le temps que chacun a envie d’investir dans les différents axes : démarcher pour les ventes, réunir les paiements, trouver les idées pour les évènements, organiser les choses, déclarer les évènements en Mairie, assister à des réunions supplémentaires, communiquer (le volume de mails en impressionnant).
      Je découvre qu’il y a des familles qu’on ne voit jamais aux réunions ni aux évènements (peut-être réalisent-ils des ventes dans leur entourage, j’espère en tout cas). C’est dommage car ça demande encore plus d’énergie aux autres.

      Bref, mon Mari a déjà trouvé ça lourd en terme de réunions, mais il s’est quand même présenté en trésorier du bureau de l’Asso 😅 . Moi je suis investie dans l’orga d’un festival pour Février. C’est déjà vachement bien je trouve !

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  5. J’avais loupé ce billet pourtant super intéressant concernant l’école de ta fille ! J’adore l’idée et le principe, j’ignorais que ce type d’établissement scolaire existait !
    Si ça peut te rassurer, les soirées étaient aussi tendues chez nous pendant un bon mois, en revanche, l’avantage de la fatigue générée par l’école fait qu’il s’écroule à 8h15-30 max le soir. J’espère que depuis ça s’est calmé chez vous.

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    1. Depuis que je suis en arrêt de travail, je la récupère à 16h donc la première partie de soirée (de 16h jusqu’au diner) est plutôt sereine car on profite l’une de l’autre. En revanche les couchers, ben c’est ma fille quoi, elle n’a pas radicalement changé de ce côté là …

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