Et un jour, une fin : le sevrage après 3 ans d’allaitement.

L’allaitement, cette formidable aventure dont je vous ai beaucoup parlé ici, que ce soit pour raconter notre parcours, ou à propos d’éléments plus théoriques. Alors que se profile la semaine française de l’allaitement maternel (la smam2020, du 12 au 18 Octobre), je voulais vous faire part de notre clap de fin personnel : en effet, dans le mois de ses 3 ans, Ty’Pêche a réalisé sa toute dernière tétée. Retour sur un long et doux chemin de sevrage.

Ma prise de décision
Notre sevrage est induit, c’est-à-dire que c’est un élément autre que l’enfant qui a décidé de sa fin. C’est le cas de l’immense majorité des allaitements, et c’est un choix complètement OK s’il est prit en conscience et avec l’envie.

Au début de l’année 2020, alors que nous vivions un allaitement sans problèmes, serein, je ressentais pourtant de plus en plus les tétées à la demande comme des contraintes. Après en avoir discuté sur un groupe facebook de soutien à l’allaitement, j’ai accepté l’idée que j’avais le droit de restreindre les tétées et que j’avais même le droit de sevrer ma fille. Parce qu’il faut le dire, autant trouver des renseignements sur le sevrage du nourrisson est simple, autant le sevrage du bambin est tabou. C’est comme si, lorsque tu es passé dans la catégorie « allaitement long », tu étais obligée d’aller jusqu’au sevrage naturel.

En Janvier donc, j’ai posé dans ma tête la limite de la rentrée scolaire de Septembre pour un sevrage complet. C’est un délai trèèèès long, qui me paraissait nécessaire pour que le sevrage se déroule en douceur et que ma fille puisse s’adapter.

Photo credit JP YANG on Visual Hunt CC BY-NC-ND

Notre cheminement
J’ai commencé par expliquer à ma fille que les tétées en journée allaient se limiter, et que bientôt nous ne conserverons que les tétées pour s’endormir (sieste et soir) et pour consoler les gros chagrins. Elle avait 2ans et demi. J’avais déjà commencé, après ses 2 ans, à réduire puis supprimer les tétées en extérieur : non pas par envie de nous cacher, mais parce que j’aime un certain confort d’installation lors de l’allaitement, que la plupart du temps je ne trouvais pas dehors. La clé, avec un bambin, est la communication : en effet, pas évident pour un enfant qui a toujours connu le sein, de se dire qu’il en serait privé sans se rebeller (et c’est normal). J’ai dû répéter encore et encore, accueillir ses mécontentements, au départ céder devant les grosses colères, faire verbaliser durant plusieurs semaines avant que l’idée de ne plus téter en journée soit acquise. C’est une durée que j’ai accepté, je m’attendais à ce que cela chemine doucement.

Lors d’un refus du sein, je ne me contentais bien sûr pas d’un « Non » et basta : je proposais une alternative selon ce que je croyais pressentir de ma fille : un verre d’eau ? Une petite faim ? Un besoin de câlin ? Un besoin d’attention, de présence ? Petit à petit, ces alternatives ont été acceptée par Ty’Pêche.

Ultimes gouttes de lait
Vers la fin-printemps, ne subsistait que les tétées de dodo, qui perdirent même leur aspect automatique : certains soirs ma fille voulait être couchée par son père et se contentait aisément d’un bisou de ma part. Dans le quotidien, le lait de vache prit le relai matin et parfois soir. J’avais opté pour du lait entier dès les premiers biberons (vers 18 mois je crois) pour l’aspect plus brut (écrémer le lait lui fait perdre matière grasse mais aussi nutriments et minéraux).

Je voulais profiter de nos vacances en Juillet et Aout pour mettre un terme définitif à l’allaitement, et je vis bien qu’il fallait que cela vienne de moi car quelques tétées de temps en temps étaient réconfortantes et doudous ♥. J’ai dû faire un travail psycho personnel parce que il faut bien avouer que ce n’est pas une étape facile : dire à son enfant que oui il a fait beaucoup d’efforts pour réduire tout cela, mais qu’il lui faut désormais dire adieu à l’or blanc et le sein de maman… mon envie était aussi grande que mon petit coeur de maman était humide.

Autant durant les vacances, l’information était difficile à digérer pour Ty’Pêche, autant une fois rentrés à la maison, elle ne réclama plus qu’une fois le sein. C’est donc vers la mi-Aout, quelques jours après ses 3 ans, que ma fille prit mon sein en bouche une dernière fois, sans même y téter la moindre goutte, juste pour le plaisir et la tendresse d’un geste qui l’a nourrit, bercé, rassuré, apaisée, cajolé, réconforté tant de fois. *** imaginez bien que je pleure comme une madeleine en écrivant ces mots *** .

Le quotidien sans allaitement
Ma fille est devenue plus câline avec la raréfaction des tétées : elle a su compenser la tendresse du sein par celle des bras. Le lait reste un aliment doudou dont elle a besoin le soir : on ne lui refuse pas.
Elle ne me parle plus de téter. Avec Septembre, nous avons beaucoup investit la rentrée scolaire, l’acquisition de la continence, et englobé tous ces éléments dans le fait qu’elle grandisse et n’est plus une petite fille (enfin, plus « si petite » dirons-nous !). Elle n’a pas vu d’autres enfants téter depuis, d’ailleurs dans notre entourage il n’y en a aucun (je n’ai fédéré personne il faut croire 😂 #SecteDeLallaitement #humour).

Pour ma part, je suis satisfaite de notre allaitement, de sa durée, de la façon dont il s’est passé, de la façon dont j’ai mené le sevrage, et de ne plus allaiter à l’heure qu’il est.

Je reste une fervente défenseure du droit d’allaiter partout, tout le temps, le temps que l’on veut ; une militante pour l’information éclairée sur l’allaitement et l’accompagnement, et une pro-choix en ce qui concerne l’épineux dilemme « sein-biberon ».

Photo credit dailycloudt on Visual Hunt CC BY-SA

Voilà donc un grand chapitre de notre aventure qui s’est clôt, non sans émotion, mais avec fierté et paix. J’espère que ma maigre expérience pourra éclairer certains parents un peu perdus dans leur parcours d’allaitement et leur désir de sevrage d’un bambin, et je vous propose les articles suivants comme témoignages supplémentaires :
– un sevrage à 35 mois chez Maman Poule
– un sevrage à 33 mois chez Sonya Nova’s with love
– un sevrage à 30 mois chez Priscilla delicatep’Rose
– un sevrage à 25 mois chez la Taulière

Et vous, quel est votre rapport à l’allaitement de votre bambin ? Avez-vous déjà songé à arrêter ? N’hésitez pas à me raconter vos expériences de sevrages (induits ou naturels) !

9 commentaires sur “Et un jour, une fin : le sevrage après 3 ans d’allaitement.

  1. Je ne peux que compatir, ayant vécu le sevrage induit en juillet, à 35 mois et 14 jours… entre joie, fierté, amour et nostalgie…
    Merci pour les liens, j’aime lire comment ça s’est passé chez les autres, je me sens moins seule avec mes émotions !
    De mon côté j’en avais parlé ici https://mamanpouleetses3cocottes.wordpress.com/2020/08/14/3-ans-que-de-changements/. Aujourd’hui ça fait même pas 3 mois et c’est déjà bien loin pour ma poulette qui découvre les relations amicales…

    J'aime

  2. Superbe récit ! C’est d’autant plus émouvant pour moi que nous allons doucement vers la fin de l’allaitement avec Bébinette (avec pour objectif la fin de l’année, juste après ses deux ans donc). Actuellement, elle tète encore le soir avant le coucher, nous avons doucement arrêté la tétée de fin d’après midi au printemps dernier, puis celle du matin pour la rentrée (cela devenait un peu compliqué à gérer pour moi avec la reprise de l’école, de la crèche et du boulot). Je la sens encore demandeuse le soir alors je lui laisse le temps mais je pense que la transition vers un câlin se fera sans problème, elle a déjà passé 5 jours sans aucune tétée chez papi et mamie et tout s’est très bien passé.

    J'aime

  3. Merci pour ton joli témoignage. Nous avons fêté nos douze mois d’allaitement avec Litchi et je ne sais pas du tout combien de temps ça durera encore. Pour les deux grands, l’allaitement s’est arrêté au début de la grossesse suivante, chute drastique de la lactation soit 12 mois pour Goyave et 15 mois pour Kiwi.

    J'aime

  4. Bonjour,
    Mon fils a 3 ans et demi, et je ne parviens pas à arrêter l allaitement du soir. je suis séparée de son papa depuis plus d 1 an et lorsqu il est chez lui pour le weekend et les vacances, il dort toute la.nuit, sans reveil. Avec moi, c est tout l inverse, il prend une tétée avant le coucher et se réveille durant la nuit pour tetouner. j ai beaucoup parlé avec lui, et je suis confrontée la.nuit à une colère monstrueuse voire violente si je lui refuse. j ai pris la.décision de le laisser à son père 5 jours 4 nuits afin de commencer un sevrage mais je doute de l efficacité. je pense que ce sera encore plus frustrant pour lui. je suis désespérée. Je ne regrette pas mes choix d un allaitement long mais là ça devient problématique. j ai oublié une chose, il ne veut pas dormir dans sa chambre que ce soit chez son père ou chez moi et on pratique le co dodo…j ai besoin d aide.

    J'aime

    1. Bonjour,
      en premier lieu je te conseille de te rapprocher d’un groupe de Mamans allaitantes qui pourraient t’aider avec bienveillance et respect. Il y a la Leche League, le groupe Facebook « les tire allaitantes bienveillantes » ou « l’or blanc association ». Tu as besoin de soutien et une grosse communauté qui te lirait et t’épaulerait te fera le plus grand bien ♥ Si tu as la possibilité d’investir un budget, il y a Claire de « Bonne nuit mon petit » qui est accompagnante parentale spécialisée dans le sommeil, une personne formidable d’humanité, de douceur et de professionnalisme.

      Ensuite je dirai que le cododo comme l’allaitement de nuit, sont des marqueurs de figure d’attachement. C’est super dur d’être la figure d’attachement principale : je suis celle de ma fille et j’ai beaucoup ragé, pleuré, gueulé sur cette « exclusivité » dont je me passerai bien. Pour info juste après cet article, à 3 ans et 2 mois, ma fille est revenue en cododo jusqu’à mon accouchement (à ses 3 ans et 7 mois donc). Elle n’aime pas sa chambre, quelque soit ce qu’on met en place pour essayer de la rendre attractive, sécurisante, douillette…

      Ton fils arrive-t-il à verbaliser ce besoin de téter la nuit ? A trouver une alternative à cela pour aller vers la suppression ?

      Tu as tout mon courage et mon soutien ♥

      J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s